12 févr. 2012

Xème rencontres de l'Ecologie au Quotidien

Ces Rencontres de l'Ecologie sont pour moi l'occasion de rassembler en un seul et même lieu de nombreuses  thématiques et personnes investies dans le courant bio/écolo/alternatif. Configuration idéale dans mon voyage pour glaner de nouveaux contacts et ouvrir de nouveaux horizons.
N'étant pas un militant dans l'âme, je craignais un peu de me retrouver dans une atmosphère trop militante... je suis en partie rassuré dès mon arrivée: je baigne dans une ambiance agréable et détendue malgré l'ouverture imminente du festival et tout ce qu'il reste à installer.

Ce festival a vraiment été un moment très fort et très dense, à la fois côté coulisses, côté scène, et pour toutes les  belles rencontres que j'ai faites. Il est à l'initiative de l'association "Ecologie au Quotidien" qui "a pour objectif de sensibiliser à l'impact de nos gestes quotidiens sur l'environnement, la santé et la société et de proposer des alternatives. C'est un réseau d'associations et de citoyens qui oeuvrent dans les domaines de l'éducation par l'environnement, la santé, la préservation de la vie et de la biodiversité, l'Agriculture Biologique, les énergies renouvelables, l'éco-construction, les transformations personnelles et sociales, l'éducation à la non-violence et à la paix. Elle est animée par des valeurs de solidarité, d'humanisme et d'éco-citoyenneté."

25 janv. 2012

Traversée du Vercors, de Grenoble à Die

--> Album photos

Après avoir passé un excellent Noël avec Thierry et sa famille dans le Jura, le Nouvel An chez Aline mon ancienne coloc' en Bourgogne, qq jours chez Fred et Aurélie (également anciens colocs) sur Grenoble, je suis resté qq semaines dans l'expectative. Je ne savais pas vers où repartir, quelle direction ou lieu choisir, et la météo de ce début d'année n'était pas très engageante pour se remettre en selle...
Puis j'ai enfin eu un retour de ma demande de participation au "Xème Rencontres de l'Ecologie au Quotidien" : "oui oui, on veut bien un coup de main!".
Ce 25 janvier, je profite donc d'une bonne fenêtre météo pour ma lancer à l'assaut du Vercors. Au programme: quasi 110 km de paysages enneigés, que j'espère avaler en 2 jours, avec une nuit chez l'habitant, pour laquelle je sollicite le réseau couchsurfing et warmshower.

A la sortie de Grenoble, avant d'attaquer la montée de St Nizier.
 Le parcours commence évidemment par une belle bavante: il faut monter sur le plateau de Lans! Après environ 15km et 1000m de dénivelé, j'arrive enfin à St Nizier, les jambes tremblotantes et le corps saisi par le froid! Heureusement, le petit salon de thé / boulangerie est d'accord pour que je mange mon picnic au chaud dans leur boutique.

Grenoble et Belledonne depuis le belvédère de St Nizier.

17 janv. 2012

Qq réflexions personnelles ...

Tenir un blog: un exercice bien délicat

Je trouve très difficile de tenir ce blog. L'écriture est un exercice délicat, surtout quand on l'expose aux yeux de tous. J'essaie de trouver les bons mots, la bonne formulation sur de multiples sujets que je ne maitrise pas, puisque je suis en train de les explorer...
Si vous trouvez que mes articles manquent de cohérence, s'ils vous paraissent trop légers ou pas assez détaillés, je vous demande de l'indulgence car j'essaye de faire au mieux.
Une bonne part de mon esprit est aussi occupé à se questionner sur les notions de bonheur, de plaisir, de bien-être, d'épanouissement, etc... sujets sur lesquels j'aime échanger, mais dont l'étape de l'écrit me parait encore prématurée.


Pas de vérités, mais des questions

A travers ce blog, je veux offrir aux lecteurs une fenêtre ouverte sur ce qui se passe en dehors des sentiers battus, au fur et à mesure de mes rencontres et découvertes alternatives.
Peut-être certains articles paraissent un peu court ou léger, mais l'important pour moi n'est pas d'établir une conclusion qui serait trop hâtive, et encore moins d'en sortir une vérité.
Ce qui me parait surtout important, c'est de provoquer le questionnement, en vous apportant de la matière à réfléchir.


Voyage de fond ou d'exaltation ?

Je me sens assez éloigné des voyages d'aventures, ou de tour du monde, dont les récits exaltants font souvent rêver. Je comprends ces voyageurs, cherchant à rencontrer d'autres peuples, d'autres coutumes, d'autres traditions, sillonnant des paysages merveilleux et paradisiaques... cette envie d'exaltation, d'extase, d'un quotidien sans routine, qui chaque jour offre son lot de rencontres, de découvertes, de nouveautés, d'imprévus ... et cette sensation de se sentir pleinement "vivant"!
Je crois sincèrement que le voyage est une excellente école de la vie. Il aide à mieux se connaître, à développer son écoute, à briser un tas d'idées pré-conçues, à tester ses limites, à s'ouvrir à l'autre, à revoir ses besoins, à retrouver les goûts des petites choses, à se découvrir des ressources insoupçonnées, à gagner en humilité, à apprendre à accepter et accueillir l'imprévu, etc...

Personnellement, sans partir à l'autre bout du monde, je crois que j'ai déjà en partie expérimenté tout cela, à travers mes 3 mois de marche sur les Chemins de Compostelle, à une saison d'alpage, à la traversée des Cévennes, et bien sûr à toutes les montagnes dans lesquelles j'ai crapahuté, seul, à plusieurs, au bout d'une corde, dans une cabane ... Tous ces souvenirs sont particulièrement marquants, pour les plaisirs et les émotions qu'ils procurent, intensifiés par leur partage avec les ami(e)s.

Aujourd'hui, c'est véritablement un voyage "de fond" que je réalise, bien plus marqué par la réflexion que l'exaltation. Passer son temps à tout remettre en question est déroutant et très inconfortable. Mais c'est riche de découvertes et d'enseignements.


Attentes extérieures, attentes intérieures

Pour la plupart d'entre-nous, nous passons nos vies à répondre à des attentes extérieures
- enfant, nous faisons en sorte de répondre aux attentes de nos parents, pour être un gentil petit garçon, ou une gentille petite fille, bien élevé(e)
- à l'école, nous faisons en sorte de répondre aux attentes de nos professeurs et de nos parents, pour être de bons élèves
- dans le monde professionnel, nous faisons en sorte de répondre aux attentes de nos employeurs, pour être de bons employés
- dans la vie quotidienne adulte, nous faisons en sorte de répondre aux attentes de la société, pour être de bons citoyens et être socialement/professionnellement reconnus

Répondre à ces attentes extérieures, c'est naturellement s'assurer un sentiment d'appartenance et de reconnaissance.

Mais qu'en est-il de nos attentes intérieures, de nos désirs propres, de nos envies personnelles? Cela peut paraitre bizarre, mais je cherche les miennes...
Comment se fait-il que j'ai du mal à les trouver, à les formuler? Peut-être à cause d'un système scolaire et éducatif qui prône la tête bien faite et formatée aux attentes sociétales, plutôt que l'épanouissement individuel de chacun en fonction de sa personne, de ses sensibilités et de ses talents?

Dans ce voyage, j'espère que je trouverai l'occasion de creuser la question du système scolaire en m'intéressant aux écoles à pédagogie alternative (Freinet, Steiner, Montessori, ...).


Le RSA ...

Lorsqu'on aborde le sujet du RSA, ou plus globalement celui de l'aide sociale, le débat est souvent complexe et épineux.

Bénéficier du RSA relève parfois d'un choix, souvent d'une forme de fatalité. Comment diminuer le nombre de bénéficiaires, alors qu'il n'y a de toute façon pas assez de travail pour tout le monde (cf. taux de chômage)?

Les personnes qui touchent le RSA se sentent souvent étiquetées de "parasite" ou "profiteur" de la société. Dans mon cas, je bénéficie du RSA: suis-je un parasite profiteur de la société? Je ne le pense pas, et je vous propose une autre approche:
Aujourd'hui, à travers ce blog et au fur et à mesure de mon voyage, j'offre aux lecteurs des informations, des découvertes et des éléments de réflexion, sur ce monde des alternatives.
Alors je pose la question: et si le RSA était une sorte de "rémunération" de ma contribution à vous fournir de l'info, un peu comme un journaliste?

Je connais quelques personnes qui sont très investies dans des associations à vocation sociale, éducative ou environnementale. Elles y passent presque l'équivalent d'un temps plein. Dans un cas comme celui-ci, je trouve juste qu'elles touchent le RSA, car je le vois comme une sorte de dédommagement pour leur investissement qui profite au plus grand nombre.

11 janv. 2012

Ras le bol du bio et des écolos?

J'ai l'impression que lorsqu'on aborde les thèmes "bio", "écolo", "collectif", "solidaire", "durable" ... on passe souvent par le "chiant" de service... et je comprends. Aujourd'hui, je vois plusieurs problèmes à cela:

1/ On associe très rapidement ces termes avec tout un lot d'interdits et de jugements: on passe en revue les faits et gestes de la vie quotidienne en les étiquetant d'un "bien" ou "pas bien".
Quoi de plus désagréable que de se sentir jugé, évalué, comme un enfant à qui on voudrait inculquer les "bonnes" choses à faire, et qu'il évite les "mauvaises"?

2/ L'idée du "renoncement": la plupart de nos vies sont remplies d'acquisitions technologiques, matérielles, de loisirs, toutes ressenties comme confortables. Le problème des acquis, c'est évidemment la peur de les perdre, d'y renoncer.
Il est évident que du jour au lendemain, on ne peut pas faire le grand écart et passer soudainement au tout "bio et écolo", mais en y allant par petite touche, on devrait pouvoir se recentrer sur nos besoins principaux, et trouver à les combler sans les substituer par une consommation massive de loisirs et biens matériels.

3/ L'étiquette "marginal": toutes les personnes très engagées dans les courants alternatifs ne sont pas forcément extrémistes ou marginales. Je crois qu'il existe surtout de très nombreux intermédiaires, bien plus discrets car plus occupés à concrétiser leurs projets plutôt qu'à militer fermement. Ce sont justement ces personnes que je cherche à rencontrer, qui cheminent vers une vie plus saine, plus simple, plus autonome, tout en gardant une intéraction forte et positive avec leur environnement naturel et social.

9 janv. 2012

Le nucléaire...

Comme vous le savez tous, le nucléaire est un sujet très d'actualité. Je trouve difficile de prendre part au débat, tant il est complexe. Les arguments et contre-arguments, qu'ils soient donnés par les pro ou les anti, paraissent bien souvent justifiés.
Naturellement, je serais plutôt anti-nucléaire, sans pour autant pouvoir fournir un argumentaire solide et des solutions rapidement appliquables.
Je citerais seulement une question: "peux-t'on se permettre de continuer à produire de l'électricité issu du nucléaire, tant les risques sont élevés et très partiellement maitrisables, et dont on se sait pas quoi faire de ses déchets hautement dangereux?".
Je crois que cette seule question devrait suffire à se faire une opinion.

Mais pour aller plus loin, je vous invite à lire ce petit article, extrait du site Passerelle-Eco:

LE NUCLEAIRE EST PLUS CHER QUE LES ENERGIES RENOUVELABLES

L’affirmation est martelée au point de passer pour une évidence : le nucléaire coûterait moins cher que les énergies renouvelables. Corollaire : diminuer la part du premier pour développer les secondes, comme le propose par exemple l’accord Europe Ecologie-Les Verts-PS, augmenterait le prix de l’électricité, appauvrirait les ménages et amènerait les usines à délocaliser. Pourtant, cette affirmation est déjà fausse et le sera encore plus à l’avenir.

Assez de mythes : le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables

Si l’électricité est moins chère en France que dans la plupart des autres pays européens, c’est parce que l’Etat a longtemps subventionné le développement du parc nucléaire et que le niveau actuel du tarif réglementé ne permet pas de financer le renouvellement du parc, quels que soient les choix à venir entre nucléaire, centrales thermiques et énergies renouvelables. L’évolution récente des coûts de production électrique est, à ce titre, éclairante.

Dès les années 1980, le programme nucléaire français a vu son coût augmenter, évolution qui ne fait que se prolonger avec le réacteur surpuissant EPR. Cette dérive s’observe en particulier sur les coûts d’investissement, un poste très important. Comme le montre un article publié dans la revue scientifique Energy Policy, le coût d’investissement dans les centrales nucléaires françaises a été multiplié par 3,4 en vingt-cinq ans, même en déduisant la hausse du niveau général des prix. L’EPR ne fait que poursuivre cette trajectoire puisque en supposant - hypothèse optimiste - que la facture finale ne dépasse pas la dernière estimation (6 milliards d’euros), on atteint 3,64 euros le watt - 4,7 fois plus qu’en 1974.

Autre problème, ces coûts ne prennent pas en compte le démantèlement des centrales en fin de vie, ceux de la gestion des déchets, du risque d’accident et les divers coûts de fonctionnement. En se développant, la plupart des techniques voient leur coût diminuer par effet d’apprentissage, et c’est le cas pour les énergies renouvelables ; mais, avec le nucléaire, l’inverse se produit : plus on le développe, plus il coûte cher. 

Une baisse impressionnante

En comparaison, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le coût d’investissement de l’éolien terrestre était en 2009 de 1,30 euro le watt. Même "normalisé" pour prendre en compte l’intermittence, le coût d’investissement de l’éolien est environ 15 % inférieur à celui de l’EPR, démantèlement inclus. Et, selon une analyse de Bloomberg, le coût de l’électricité d’origine éolienne, déjà divisé par 4,5 depuis les années 1980, devrait encore diminuer de 12 % dans cinq ans.

Quant à l’énergie solaire tirée des panneaux photovoltaïques, elle a connu une baisse impressionnante : début 2011, un module photovoltaïque coûtait en moyenne 1,20 euro le watt en Europe, contre 4,2 euros le watt dix ans plus tôt. Depuis quelques mois, la moyenne sur le marché allemand est même de 1 euro le watt. Même normalisé pour prendre en compte l’intermittence, le coût d’investissement dans le photovoltaïque ne dépasse plus celui de l’EPR (en incluant le démantèlement) que d’environ 25 %. De plus, les professionnels du secteur anticipent encore une baisse de 35 % à 50 % des coûts d’ici à 2020. Comme l’écrit le Prix Nobel d’économie Paul Krugman, "si la tendance à la baisse continue (et elle semble s’accélérer) nous ne sommes plus qu’à quelques années du point où la production d’électricité à partir de panneaux solaires deviendra moins coûteuse que celle à partir de charbon". Pour simplifier, les calculs présentés ici laissent de côté les coûts de fonctionnement, mais ces derniers sont du même ordre de grandeur entre éolien et nucléaire, et plus faibles pour le photovoltaïque. De même, si un renforcement du réseau est nécessaire en cas de développement des renouvelables, c’est aussi le cas pour l’EPR (340 millions d’euros pour la ligne Cotentin-Maine nécessitée par l’EPR de Flamanville).

Nous vivons un moment historique : celui où les énergies renouvelables deviennent moins coûteuses que l’électricité d’origine nucléaire ou fossile, pour peu qu’elle soit obligée de payer pour ses externalités négatives : émissions de CO2, risques d’accidents, déchets radioactifs… La France se crispera-t-elle sur une technique dépassée, ou se tournera-t-elle vers la seule manière durable de produire de l’énergie : la mobilisation des flux d’énergie renouvelable, et celle, indissociable, des économies d’énergie ?


Et pour aller plus loin, vous pouvez visiter ces 2 sites, très bien faits et très instructifs:




20 déc. 2011

Barnave

J'arrive pour qq jours chez Annick et Vincent, dont m'ont parlé Jean-Marie et Dominique. J'ai aussi pu lire qq lignes écrites par Vincent, qui a participé au livre "Homéopathie à la ferme", qui rapporte de nombreux témoignages et paroles d'éleveurs, très soucieux du rapport qu'ils ont avec leurs bêtes, et cherchant une médecine douce et naturelle.

Le parcours d'Annick et Vincent, ainsi que leurs choix de vie sont assez atypiques. Ils habitent une petite ferme isolée sur les hauteurs de Barnave, où on trouve aujourd'hui des brebis et des chiens.
Annick s'est détachée de la ferme avec le temps, pour se consacrer à sa profession de psychothérapeute.
De son côté, Vincent est comportementaliste canin. Il élève et dresse également des chiens de berger.
A leurs débuts, ils étaient tous les deux bergers, puis ils ont voulu se poser et s'occuper de leur propre troupeau. C'est ainsi qu'ils sont arrivés à Barnave, pour démarrer un petit troupeau de brebis laitières, dont le lait était valorisé en fromage.
Les contraintes de l'élevage laitier les ont amené à passer à un élevage de brebis pour la viande... mais élever des animaux destinés à la boucherie s'est révélé contraire à leur éthique.
Aujourd'hui, il y a toujours des chèvres sur la ferme, issues d'une race rustique qui leur permet de passer toute l'année dehors. Seule leur laine leur est prélevée, destinée à être la matière première de vêtements fabriqués dans la région. Et plus aucune bête n'est tuée... à partir d'un certain âge, lorsqu'elles sont faibles et fragiles, elles sont rapprochées de la maison. Elles passent alors leur temps à l'abri à la bergerie, où broutent tranquillement dans les parcs, en attendant de s'éteindre d'une mort douce et naturelle.

Ce choix d'élevage, assez atypique, s'accorde avec les choix de vie du couple, convertis au bouddhisme tibétain.

Mon séjour chez eux a été court, seulement 3 jours, avant les fêtes de Noël. Il n'est pas prévu que j'y retourne, car malgré mon attirance et mes questionnements par rapport à leur parcours, je me sens aujourd'hui trop éloigné de ce courant spirituel, qui me semble encore trop abstrait, et je préfère privilégier des expériences et des rencontres plus terre à terre.


19 déc. 2011

Sous la neige...

Ce lundi 19 décembre, départ sous la neige! Heureusement, je n'ai pas loin à faire:  environ 15 km pour me rendre de l'autre côté de la vallée, à Barnave, sur la montagne d'en face.
La neige, c'est beau, mais c'est pas facile pour rouler! Tant que c'est du plat, où que ca monte en pente douce, ca va... mais dès que ca devient plus raide, il faut pousser! Et pousser un vélo chargé, avec les chaussures qui glissent sur la neige, je vous garantie que c'est sport.. surtout pendant plus d'un kilomètre!


En partant...

En arrivant...


18 déc. 2011

Saint Roman


Je ne sais pas trop comment abordé ce petit compte rendu de mes 2 semaines chez Jean-Marie et Dominique à Saint Roman tellement l'étape a été dense et riche...
J'ai été tout à la fois apprenti-vacher, apprenti-chevrier, apprenti-palefrenier,apprenti-fromager et apprenti-meunier, avec de longs moments de discussions sur l'agriculture, l'alimentation, la médecine, la conscience, le rôle des Hommes, l'entraide, l'économie, ...

Commençons par le lieu: Saint Roman est un petit village de 150 habitants, à une dizaine de km de Die, tout proche de la Drôme (la rivière). On est donc en plein cœur du Diois, dans un cadre de petite plaine entourée de montagnes.
Jean-Marie et Dominique y vivent avec Maëlys, leur plus jeune fille, mais 6 autres enfants y ont aussi grandi (oui oui, ca fait bien 7 enfants en tout!).

La ferme ...

... avec le Glandasse en toile de fond.

Jean-Marie et Dominique sont tous les deux médecins. Une fois leur diplôme obtenu, et très préoccupé par l'alimentation, ils voulaient qu'une partie de leur vie soit liée à la terre, et à la production d'une alimentation saine, donc biologique. Ils ont alors convenu que Dominique exercerait la médecine, et Jean-Marie s'occuperait d'une exploitation agricole. Ils ont repris une ferme sur Saint Roman, initialement spécialisée en arboriculture, mais avec un travail colossal pour remettre l'exploitation, les bâtiments, la maison et les vergers d'aplomb.

Parlons agriculture...

Pendant longtemps, les vergers et les champs ont été menés en agriculture biologique. Ce mode de production autorise un certain nombre de traitements bio, mais c'est comme tout: des produits aux composants naturels peuvent s'avérer néfastes s'ils sont utilisés en grandes quantités, et ils représentent un coût non négligeable. Jean-Marie a donc voulu pousser la démarche plus loin, avec comme base de réflexion:
- le respect du vivant, des cycles, du sol
- une approche globale avec un équilibre des 3 règnes: végétal, animal, minéral
- accepter de récolter ce que la nature veut bien produire, sans lui demander plus
- limiter les intrants au minimum (aujourd'hui, il n'y a d'ailleurs plus d'intrants sur les pommiers, seulement des pulvérisation de purin d'orties et de petit lait, dans l'idée que les champignons naturels du petit lait, non néfastes aux vergers, permettent d' "occuper le terrain" et ainsi d'éviter la prolifération de champignons néfastes (comme par exemple "Venturia inaequalis", responsable de la "tavelure du pommier")
- une attention toute particulière au sol: favoriser l'humification, l'activité biologique et la vie microbienne
-aller vers une ferme diversifiée, autonome, et durable

Depuis quelques années, la ferme est donc passé en "agriculture bio-dynamique" (pour plus d'infos, voir ce site).

On retrouve sur la ferme quelques animaux: une vache Tarine répondant au joli nom de "Mercédès", 3 chèvres, 3 chevaux et des poules.
Les animaux, lorsqu'ils pâturent, via leurs excréments, participent à la fertilisation naturelle des sols. Le fumier récupéré dans l'écurie est composté avant d'être épandu.
Mercédès et les chèvres sont traites, le lait est transformé en fromages dans un petit local aménagé. La consommation de fromage à la maison est donc conséquente, mais il est tellement excellent qu'on en redemande! Et puis le surplus est échangé, troqué, avec des voisins, amis, contre des légumes, de la crème de marron, ...


Mercédès et ses ami(e)s.


--> Céréales: blé et petit-épeautre

Évidemment, les variétés ont été choisies rustiques et adaptées aux conditions locales (sol et climat). Loin de la course au rendement, l'idée est d'intervenir le moins possible sur les cultures, et de bien les valoriser pour compenser les petits rendements. Toute la moisson est donc valoriser sur place, en produisant de la farine, avec un moulin du Tyrol. Cette farine est ensuite vendue directement à la ferme ou sur le marché de Die, à des particuliers et boulangers.
Cette farine donne un bon pain, aux excellentes qualités nutritives, bien loin du pain blanc traditionnel de nos boulangeries!

Le moulin du Tyrol.


Même les intolérants au gluten peuvent le consommer! Ce n'est pas qu'il ne contient pas de gluten, puisqu'il en possède, mais le gluten issu de variétés anciennes ou rustiques est assimilable par quasi  tous, puisque "simple", et en moins grande quantité. Grossièrement, à force de sélection pour le rendement et pour une panification rapide, homogène et facile, la quantité de gluten contenue dans le pain n'a fait qu'augmenter, avec un gluten dont la chaîne moléculaire s'est de plus en plus complexifiée, et donc de moins en moins facile à être découpée et digérée par notre organisme, ce qui a provoqué la multiplication de cette maladie d'intolérance au gluten.

La paille, issu de la récolte du blé et du petit-épeautre, représente une quantité trop importante pour la seule utilisation en litière des quelques animaux. Elle est donc donnée à des éleveurs voisins, puis récupérée en fumier, qui sera composté avant d'être épandu pour une fertilisation naturelle des champs.

--> Fourrages: luzerne et foin

Les fourrages permettent de faire des rotations de culture sur les champs, une fertilisation naturelle (engrais vert avec la luzerne, pour sa capacité à fixer l'azote de l'air dans ses nodosités, présentent sur ses racines), et de nourrir les animaux.
Une partie du foin et de la luzerne est également vendue à des éleveurs voisins qui ne possèdent pas de terre.


Parlons médecine alternative: homéopathie hahnemannienne uncisite...

Dominique est médecin. Elle tient un cabinet à Die, et est très demandée par de nombreux patients qui ne veulent plus, ou ne croient plus en la médecine conventionnelle. Ses patients viennent de toute la Drôme, parfois même d'autres département et d'autres régions!

Nous avons tous déjà entendu parlé d'homéopathie, et nous connaissons tous des médecins dits homéopathes. Je suppose que pour la plupart d'entre nous, si on nous dit homéopathie, on pense à:
- médecine douce/naturelle
- plantes et granules

Cependant, c'est très réducteur, surtout si on aborde le sujet de l' "homéopathie uniciste hahnemannienne". En fait, c'est l'homéopathie originelle, inventée par Samuel Hahnemann, un médecin allemand du 18ème siècle.

Il est pour moi difficile de trouver les bons mots pour résumer et expliquer clairement ce que j'ai compris de l'homéopathie. Je préfère donc réutiliser ce que j'ai trouvé sur internet, et qui m'a l'air de bien concorder avec les discussions que j'ai eu avec Dominique. Ci-dessous, vous trouverez donc une petite entrée en matière tirée de ce site, que je vous invite à consulter pour plus d'infos, et qui je pense est assez clair et simple à suivre.

En suivant ce lien, vous trouverez également le témoignage d'une consultation.

Personnellement, je trouve cette approche vraiment très intéressante. Le hic, c'est qu'on ne sait toujours pas "comment" fonctionne l'homéopathie, surtout lorsque qu'on sait qu'à partir d'un certain taux de dilution, les molécules du principe actif ne sont plus présentes dans le rémède, ce qui fait intervenir une notion étrange de "mémoire de l'eau"...
Personnellement, j'y crois... non pas par mon expérience personnelle, mais via des lectures et des discussions avec Dominique, Jean-Marie et des éleveurs soignant leurs animaux par homéopathie.
C'est aussi une remise en question de "qu'est qu'une maladie?". Si on raisonne d'un point de vue strictement mécanique, en médecine allopathique (conventionnelle), ca donne: tels symptômes = tels médicaments. On cherche donc à supprimer le symptôme.
Avec une approche globale, on se demande plutôt le pourquoi des symptômes... et si comprend et on traite le pourquoi, on pourra faire disparaitre durablement la maladie. Si on reste sur le schéma classique qui vise à supprimer les symptômes, on pourrait aller jusqu'à dire que c'est un raccourci non durable, puisque qu'on traite les symptômes et non leur cause... ce qui laisse la porte ouverte à une prochaine maladie...

L'homéopathie apparait pour beaucoup (moi y compris), comme assez obscure, puisqu'elle n'est toujours pas expliquée par les scientifiques... c'est une médecine de l'observation et de l'expérience.
Pourquoi n'y a t-il pas plus de recherches sur cette médecine...?
Peut-être tout simplement parce que quand on commence à se rendre compte quels enjeux financiers se cachent derrière l'industrie pharmaceutique... quelques uns très (trop) influents auraient bien trop à perdre ...?

LES PRINCIPES FONDAMENTAUX

En homéopathie, le choix d’un traitement s’effectue selon trois principes fondamentaux : similitude, globalité et individualisation. Quant aux remèdes homéopathiques, leur préparation est bien spécifique : ils sont « dilués et dynamisés ».

La loi de similitude
Le premier principe est la « loi des semblables » ou « loi de similitude » : « toute substance capable de provoquer chez l’homme sain et sensible un ensemble de symptômes est capable, à dose extrêmement faible (infinitésimale), de faire disparaître un ensemble de symptômes semblables chez l’homme malade ».
Prenons l’exemple du café : chez des sujets sensibles à son action, sa trop grande consommation provoque une insomnie, une excitation intellectuelle et des palpitations. Si ces mêmes symptômes sont présents chez une personne malade, le café à dose infinitésimale, dénommé « Coffea », sera l’un des médicaments à envisager.

Une conception globale de la maladie
Pour l’homéopathe, la maladie est consécutive à une rupture de l’équilibre énergétique qui touche d’emblée la totalité de l’individu. L’être humain est un ensemble indivisible, corps et esprit sont constamment interdépendants. Les symptômes pour lesquels le patient consulte sont à intégrer dans cette cohérence d’ensemble.

L’individualisation de chaque patient
Chaque patient vit ses troubles à sa façon, suivant un mode qui lui est personnel et original. Il s’agit alors de trouver le remède du patient, et pas seulement celui de sa pathologie. A diagnostic identique, malade différent, remède différent !
Ces principes fondamentaux sont issus d’une démarche expérimentale stricte et d’observations cliniques minutieuses.
La loi de similitude est à la base de la médecine homéopathique
. C’est ce qui la distingue de toutes autres méthodes thérapeutiques existantes, qu’il s’agisse de la médecine « conventionnelle » ou des autres pratiques « alternatives ».


Parlons alimentation...

Ici, on ne consomme que du bio et du saisonnier, en privilégiant évidemment une production locale, sans toutefois refuser d'avoir qq tablettes de chocolat d'avance! Cependant, "manger bio" ne rime pas seulement avec "manger sain": cela implique également un choix militant de consommer des aliments produits sans dénaturer les plantes et le sol avec des produits chimiques.
En toute logique, on ne consomme de la viande qu'en petite quantité, et on sait exactement qui a élevé la bête, où elle a grandi, comment elle a été nourrie, et comment elle a été tuée.
En parlant de viande, j'ai aidé la famille à "charcuter" un cochon... élevé et abattu chez un voisin. Expérience vraiment pas exaltante, mais très enrichissante sur notre rapport à la viande.
Le jour où le cochon a été tué (un coup de carabine dans la tête pendant qu'il mange:  propre, rapide, et sans souffrance pour l'animal), nous sommes arrivés une fois le cochon mort (ce qui m'a arrangé, je pense que l'exécution m'aurait mis mal à l'aise). Aussitôt, il faut "gratter" la première peau et les poils, en l'arrosant d'eau bouillante. C'est une étape pas très emballante, surtout en sachant que qq minutes plus tôt, ce cochon était le nez dans la mangeoire, tout content de déguster sa ration avec ses copains à queue en tire-bouchon.
Le lendemain, découpage/charcutage du cochon: on fabrique des saucissons, des saucisses, des terrines, des caillettes, du pâté de tête, ...
C'est donc une journée passée les mains dans la viande, en sachant exactement de quel animal elle provient, et l'imaginant parfaitement gambader en toute tranquillité dans son champ...

Au repas suivant, je ne me sens pas très à l'aise avec le morceau de viande dans mon assiette... mais je le trouve bon, meilleur que d'habitude même, et rassuré de savoir que la bête a eu une vie plutôt confortable pour un cochon.
D'après Jean-Marie, toute personne qui consomme de la viande devrait être capable de tuer l'animal dont il veut se nourrir, pour bien prendre conscience que la viande vient d'un être vivant qui a été tué pour nous nourrir, et que les conditions d'élevage et d'abattage sont extrêmement importantes:
- d'un point de vue gustatif
- d'un point de vue moral (je pense que si vous visionniez une vidéo d'abattage en série d'animaux élevés industriellement, vous n'auriez vraiment pas envie de manger de la viande, à moins d'être insensible...)

Toutes ces discussions autour de l'alimentation sont pour moi assez déstabilisantes...  et représentent des prises de conscience désagréables. Je n'ai pas envie, chaque fois que je mange par exemple un biscuit, de me demander avec quel blé il a été fabriqué, d'où vient ce blé, quels traitements phytosanitaires il a reçu, etc...
Clairement, se sont des questions qu'on n'a pas envie de se poser, puisque dans le fond, on n'a pas vraiment envie de connaître la réponse... mais une meilleure conscience du monde dans lequel nous vivons doit forcément passer par là...


Parlons relocalisation alimentaire...

La farine et les pommes sont vendus soit sur le marché, soit à la Carline, une boutique coopérative bio de Die.
La Carline est une structure assez atypique. A l'origine, c'est un groupement d'acheteurs: plusieurs familles se réunissent pour acheter en plus grandes quantités, et donc moins cher, des produits bio. Avec le temps, le nombre de personnes augmente, et des producteurs locaux fournissent les consommateurs. Aujourd'hui, la Carline est une SCIC (Société Coopérative d'Intérêts Collectifs), avec plusieurs salariés, une trentaine de producteurs bio locaux, où s'approvisionnent plus de 1000 familles dioises.

La Carline se caractérise par une mission d'intérêt collectif, statutaire et utile à tous:
- porter un projet économique autour des produits locaux et biologiques, en développant un commerce local, respectueux des producteurs, des distributeurs et des consommateurs (en d'autres termes, tout le monde est censé s'y retrouvé: le prix des produits étant fixé par la Carline et les producteurs, en minimisant la marge pour le Carline, en la maximisant pour le producteur; et un coût abordable pour les consommateurs, en limitant les intermédiaires)
- informer, de former les habitants du territoire aux enjeux de l'agriculture et de l'écologie.






5 déc. 2011

En route pour le Diois

--> Album photos

Ce lundi matin, je quitte Pont de Barret pour rallier Saint Roman, dans le Diois. Il a plu toute la nuit, et ca continue encore en ce début de matinée... ce n'est pas très engageant pour se mettre en selle!
Je prends donc tout mon temps pour finir de boucler mes sacoches, reprendre un café, vérifier la pression des pneus, supprimer le petit jeu dans la direction...
Il est bientôt 10h30, et le ciel gris a rapidement laissé la place à un beau soleil!

Une bise de départ à tout le monde, et hop en selle: c'est une rude journée qui m'attend: environ 80 km, avec le col de la Chaudière à passer (et ca fait plus d'un mois et demi que je n'ai pas roulé avec le poids des sacoches!).

Les premiers km sont frais mais très agréables,dans les gorges du Roubion, avant de traverser le petit village de Saoû, très célèbre pour sa forêt et son synclinal perché (une merveille géologique!). Plus loin, je retrouve le Roubion, que je suis jusque Bourdeaux, où je fais ma halte déjeuner. Mieux vaut attaquer la montée vers le col avec le ventre plein!
Au menu: 3 boites de sardines... et pas de boulangerie ouverte. Heureusement, une dame me fait cadeau d'une baguette.
Le ciel est couvert, le temps est légèrement venté, la température est fraiche, pas terrible pour picniquer, mais ce sera très bien pour monter le col!

Le synclinal perché de Saoû.




Au bord du Roubion.
Les 700m de dénivelé sont longs et difficiles à grimper... je sens bien que cela fait un moment que je n'avais pas pédalé avec les sacoches! J'arrive tant bien que mal au col, plutôt content de moi et content d'avoir choisi cette option (j'aurais pu faire qq km de moins via Crest, et sans col, mais j'ai préféré l'option petite route et beaux paysages). En une heure et demi de montée, je n'ai vu qu'une voiture, qui a choisi de passer juste au moment de la photo souvenir au col, pendant que le retardateur était enclenché!

En arrivant au col de la Chaudière.

Photo souvenir pas banale...

Derrière le col, l'intégralité de la descente est à l'ombre... 11km à se geler les doigts, les joues et les pieds... J'avais sous-estimé l'influence du froid à vélo: à l'arrêt, il fait bon, mais en statique sur un vélo, ca caille!


Arrivé à Saillans, je retrouve la Drôme, que je dois maintenant remonter en pente douce pendant près de 35km...
C'est après une dizaine de km en pleine nuit (vive la lumière sur le vélo!) que j'arrive enfin à Saint Roman, accueilli par Jean-Marie et Dominique chez qui je vais passer 2 semaines.

Bye Bye Pont de Barret

J'ai passé presque un mois et demi à Pont de Barret... une longue étape qui m'aura permis de faire de belles rencontres et passés de bons moments, au sein d'un beau village, aux habitants ouverts, engagés et dynamiques.
Un très grand merci à vous tous, Marjo, Carole, Laure et Nico, Théo, Jeanne et Félicien, Christian, Same, Françoise, Thierry,...
Merci de m'avoir ouvert vos portes, merci pour les cafés et repas partagés, merci pour les longues et riches discussions, merci de m'avoir laissé entrapercevoir un petit bout de vos vies... et à bientôt!